Des communautés veulent restaurer la nature. Notre Fonds Catalyseur est là pour les aider.

De longues tiges de zostère ondulent dans les eaux peu profondes au large des côtes de la Nouvelle-Écosse. Le sifflement d’une sturnelle des prés résonne d’un bout à l’autre d’un champ de plantes indigènes en fleurs, dans le sud du Québec. Une salamandre de Jefferson jette un coup d’œil à travers une feuille de chêne tombée sur un terrain marécageux de l’Ontario.

Il ne s’agit pas de rêves idylliques, mais du résultat de plans de restauration entrepris par des gouvernements de Premières Nations, des communautés locales, des groupes étudiants, des offices de protection de la nature et des organismes à but non lucratif d’un océan à l’autre.

Et ces projets sont réalisés avec le soutien du Fond Catalyseur du WWF-Canada.

Première Nation des Chippewas de la Thames © Andrew Price / WWF-Canada

La restauration des écosystèmes mène à des habitats plus vastes pour les espèces, et moins fragmentés, à de l’eau plus propre et à un meilleur accès à la nourriture. Mais les obstacles à une restauration à grande échelle sont nombreux, qu’il s’agisse des besoins de financement, de la complexité des compétences territoriales ou du manque de moyens pour réaliser les actions nécessaires.

Il arrive toutefois qu’une simple petite difficulté se dresse sur le chemin d’une collectivité, d’un organisme de conservation, d’un gouvernement local ou d’un.e propriétaire foncier.ère privé.e.

« Beaucoup de personnes veulent faire ce travail, mais elles ont besoin d’un petit coup de pouce », remarque Elizabeth Hendriks, vice-présidente de Restauration et régénération, dans le cadre de notre balado Good Nature. « Un peu de financement pour comprendre le plan d’aménagement du territoire ou pour acheter des semences indigènes, ou encore pour aider des bénévoles à retirer des espèces envahissantes avant de semer des plantes plus adaptées. »

Inauguré en 2026, le Fonds Catalyseur a investi 500 000 $ dans 12 projets, qui devraient contribuer à restaurer plus de 13 500 hectares de prairies, de forêts de chênes, d’herbiers de zostère, de tourbières, de prés de pollinisateurs et plus. Même les investissements les plus modestes peuvent instiguer un mouvement positif pour la nature.

Ontario

En Ontario, les récipiendaires du Fonds Catalyseur jettent les bases de la restauration en consolidant l’approvisionnement en semences, en acquérant des compétences d’intendance et en identifiant des habitats prioritaires.

L’école des sciences de l’environnement et des ressources naturelles du Fleming College à Lindsay, en Ontario, constitue actuellement son stock de semences et de plantes pour restaurer plus de 60 hectares de landes à pinède à chênes qui fournissent un habitat à des espèces comme la paruline de Kirtland, un oiseau en voie de disparition qui adore les pins.

Tallgrass Ontario, un organisme qui veille à la restauration des prairies du sud de l’Ontario, coordonne le travail de propriétaires foncier.ère.s, de chercheur.se.s, d’assureur.se.s et de spécialistes de brûlages dirigés pour aider à la restauration des habitats d’espèces en péril dans la région.

La Première Nation des Mississaugas de Scugog Island accélère la restauration des prairies et des milieux humides en procédant à la cartographie environnementale de plus de 800 hectares afin de déterminer où ces efforts seront les plus pertinents.

La Première Nation des Chippawas de la Thames accroît les possibilités de formation pour les gardien.ne.s autochtones en matière de surveillance écologique, d’identification des espèces et de brûlages dirigés, alliant le savoir traditionnel et la science occidentale. Ces gestes renforcent leur intendance continue envers les forêts de savanes de chêne, les prairies, les tourbières et les autres milieux humides du territoire qui abritent des salamandres, des tritons, des crapauds, des serpents, des lézards et des tortues rares.

Canada atlantique

Le long de la côte atlantique, les bénéficiaires du fonds s’assurent que nous disposons des plantes, des semences, des connaissances et des ressources nécessaires pour restaurer des écosystèmes dégradés.

Les herbiers de zostère et le varech créent un habitat essentiel pour le homard et l’anguille tout en aidant à contrôler l’érosion des berges et la qualité de l’eau, mais ils sont en déclin. L’organisme Community Eelgrass Restoration Initiative contribue à en accroître la quantité grâce à une pépinière unique en son genre en Nouvelle-Écosse, qui sert à cultiver davantage de plantes importantes sur le plan écologique en vue d’une future restauration côtière.

Grand plant de dompte-venin arraché par le Nova Scotia Invasive Species Council, à Kentville (N.-É.) © Hughstin Grimshaw-Surette

Ce manque de semences indigènes présentant une bonne diversité génétique et adaptées aux conditions locales constitue également un obstacle à la réalisation de projets terrestres à grande échelle. C’est pourquoi Nature Trust of New Brunswick collecte, traite et entrepose des semences de chêne à gros fruits, de pruche du Canada, de noyer cendré et d’autres essences d’arbres. Elles seront utilisées par d’autres organismes de restauration, pépinières, groupes de conservation des bassins versants et partenaires autochtones pour accélérer leurs propres projets.

Québec

Les récipiendaires du Fonds au Québec élargissent leur champ d’action pour restaurer des paysages entiers, et aident les communautés à déterminer à quels endroits les mesures de restauration apporteront les plus grands bénéfices en matière de biodiversité.

La Ville de Terrebonne, située juste au nord de Montréal, achète des plantes indigènes et prépare les sols pour restaurer un pré de pollinisateurs de 20 hectares et retirer des espèces qui se propagent rapidement comme le nerprun cathartique.

Nature-Action Québec aide 37 municipalités régionales de comté à répertorier des sites dans le sud du Québec qui pourraient bénéficier d’une restauration des milieux humides. Ainsi, les gouvernements locaux seront mieux outillés pour déterminer les possibilités, réduire les obstacles et accéder à du financement provincial.

Saskatchewan

La Meewasin Valley Authority développe actuellement un plan de conservation pour un couloir fluvial important où la prairie indigène, les terrains boisés et les milieux humides rencontrent la rivière Saskatchewan Sud, qui abrite des centaines d’espèces.

Leur feuille de route sur dix ans pour la restauration ira au-delà de projets individuels de plantation d’arbres, d’arbustes et de fleurs sauvages pour s’orienter vers des initiatives interreliées de plus grande envergure qui renforcent la résilience écologique dans toute la vallée.

Fernanda, membre du personnel de la Rivershed Society of BC, montre un saumon coho capturé lors d’activités de surveillance qui aident à suivre la santé et le rétablissement des populations locales de saumons. © Elise Carelse

Colombie-Britannique

Rivershed Sociery of BC travaille en collaboration avec les Premières Nations, les propriétaires foncier.ère.s et les organismes de conservation pour restaurer les affluents du bassin versant du fleuve Fraser – de la région métropolitaine de Vancouver et la vallée du Fraser jusqu’au centre géographique de la région Nechako – qui abritent des espèces indigènes et soutiennent les systèmes alimentaires culturels autochtones (comme la chasse, la pêche, la cueillette de nourriture et de plantes médicinales, ainsi que le savoir traditionnel, la langue et les pratiques d’intendance).

Notre subvention sert à établir des relations et à obtenir des permis, des permissions et du financement supplémentaire pour faire progresser leur programme de restauration de plus grande envergure, le Foodlands Corridor Restoration Program.

Semer un mouvement en faveur de la restauration

Notre fonds ne sert pas seulement de catalyseur à des projets de restauration, mais aussi à une communauté de gens déterminés à agir parce que, comme Liz Hendriks le dit : « Il s’agit de montrer le mouvement qui s’opère, de rassembler des projets de restauration à grande échelle et de démontrer la concrétisation des efforts. »

Tout comme la restauration peut commencer par un geste modeste – une semence, une carte, un atelier ou un partenariat local –, le Fonds Catalyseur convertit les petites étapes en une action continue, pour aider à faire des rêves de restauration une réalité.

Pour en savoir plus sur le Fonds Catalyseur.