Des forêts brûlées jusqu’aux rivières à saumon : projets de restauration inspirants en Colombie-Britannique
Que ce soit pour rouvrir des cours d’eau pour le saumon sauvage, reboiser des forêts ravagées par le feu ou reconnecter des milieux humides, la restauration des habitats de la Colombie-Britannique va bon train, et elle soutient les espèces et les économies locales.
Voici quelques projets inspirants menés par des Premières Nations, des organisations communautaires, des chercheur.se.s en conservation et des étudiant.e.s motivé.e.s qui font déjà une différence, avec le soutien du WWF-Canada.

Un habitat plus fort pour le saumon
Le saumon du Pacifique a besoin de ruisseaux et de rivières froides et propres pour réussir son incroyable migration entre les cours d’eau douce et l’océan. Toutefois, des décennies de dégradation de l’habitat ont bloqué l’accès à des aires de frai et de croissance, contribuant ainsi au déclin des populations.
Dans la vallée du Fraser, la Première Nation Soowahlie restaure l’habitat du Swílhcha Stótelô (ruisseau Sweltzer), un affluent reliant le lac Cultus à la rivière Chilliwack. Ces travaux consistent à retirer et à remplacer une vantelle d’écluse et un ponceau (un grand tuyau servant à canaliser l’eau) inefficaces qui nuisent actuellement au passage des poissons, et à retirer les plantes envahissantes qui poussent le long des berges du ruisseau pour y planter des végétaux indigènes qui font de l’ombre afin de maintenir une température de l’eau plus fraîche.
Plus loin à l’ouest, dans le bassin versant du cours supérieur de la rivière Pitt près de Vancouver, la Première Nation Katzie dégage des cours d’eau bloqués afin de créer de nouveaux canaux de frai et de reconnecter l’habitat fragmenté utilisé par les cinq espèces de saumon. Ces travaux contribuent à rétablir les populations de saumon et à renforcer le lien profond qui unit la Première Nation Katzie au bassin versant et à sa « famille de saumons » qui assure sa survie depuis des millénaires.
Le reboisement du territoire Secwépemc
Les feux de forêt de plus en plus fréquents et dévastateurs transforment l’intérieur de la Colombie-Britannique, laissant derrière eux des paysages à restaurer et des communautés en quête de résilience.
Depuis une demi-décennie maintenant, la Secwepemcúl’ecw Restoration and Stewardship Society (SRSS) contribue à cet effort, un semis à la fois, à une échelle remarquable : au cours de la dernière saison seulement, la SRSS a planté un million d’arbres sur 1 800 hectares.

D’Elephant Hill au lac Canim, les travaux de la Première Nation ont transformé des forêts ravagées par le feu en habitats riches en biodiversité et plus résistants aux incendies tout en soutenant les espèces locales et les gens de la région.
La reconstruction de milieux humides
Les milieux humides comptent sans doute parmi les écosystèmes les plus productifs au monde : ils fournissent des habitats, filtrent l’eau, stockent du carbone et préviennent les inondations. Mais ils sont trop nombreux à avoir été dégradés ou asséchés au fil du temps.
Depuis 2018, la Première Nation yaqan nukiy mène une des plus vastes initiatives de restauration de milieux humides au pays. Sur plus de 500 hectares de son territoire situé dans la région de la basse vallée de la Kootenay, elle s’affaire à reconnecter des cours d’eau, à retirer des digues et à restaurer les processus naturels des plaines inondables, tout en améliorant l’habitat de la lotte, de la truite et du saumon kokani.

La restauration d’écosystèmes, des crêtes jusqu’aux récifs
Sur l’île de Vancouver, la Redd Rish Restoration Society adopte une approche à l’échelle du bassin versant et travaille à l’amélioration de l’habitat et au rétablissement des espèces, des eaux d’amont en montagne jusqu’aux environnements côtiers.
Ces travaux comprennent une initiative pionnière en matière de restauration du varech. Parfois surnommées « forêts tropicales des mers », les forêts de varech, avec leur canopée imposante, fournissent une source essentielle de nourriture et un abri aux espèces marines, tout en stockant du carbone. Avec le soutien du programme Vergers de semences du WWF-Canada, le groupe expérimente l’utilisation de pépinières terrestres et marines pour prélever des tissus reproductifs et cultiver du varech avant de le transplanter (c’est-à-dire l’immerger) dans des forêts sous-marines.
L’amélioration de la qualité de l’eau au service des mollusques et des crustacés
Les eaux côtières prennent leur source en amont, et lorsque les bassins versants sont efficaces, cette eau douce est filtrée et propre lorsqu’elle se jette dans l’océan. Sur la péninsule de Semiahmoo, à l’extrémité sud-ouest des basses-terres continentales, nous aidons nos partenaires à améliorer la qualité de l’eau et l’état des habitats dans la baie de Semiahmoo en réparant les canalisations qui fuient, en séparant les eaux usées des eaux pluviales et en plantant de la végétation le long des cours d’eau, dans des bandes de protection riveraine, afin de contribuer à filtrer les eaux de ruissellement provenant des terres agricoles. Ces efforts contribuent à la réalisation de l’objectif de la Première Nation de Semiahmoo de rouvrir ses zones traditionnelles de pêche aux mollusques et aux crustacés.
La prochaine génération d’environnementalistes
Partout dans la province, les jeunes s’impliquent eux aussi, dans leurs cours d’école, sur leurs campus et au sein de leurs communautés, à travers des projets concrets de restauration qui leur permettent de se rapprocher de la nature près de chez eux.
Dans le cadre du programme de subventions Libérez votre nature du WWF-Canada, ces étudiant.e.s créent des jardins pour les pollinisateurs, cultivent des plantes indigènes et transforment les espaces verts locaux en habitats plus sains pour les espèces.
Le mouvement de restauration prend de l’ampleur en Colombie-Britannique
Bien que chacun de ces projets soit unique, ensemble ils racontent une histoire plus vaste : la conservation va au-delà de la protection de ce qu’il nous reste. Nous devons également restaurer ce que nous avons perdu ou dégradé.
C’est pourquoi la restauration prend un tel essor dans toute la Colombie-Britannique : partout dans la province, les communautés démontrent que notre investissement dans la nature profite non seulement aux espèces, mais aussi à chacun d’entre nous.