Une année difficile pour la nature, mais nous n’avons pas baissé les bras : notre rétrospective de 2025

Nous le savons, l’année qui s’achève a été difficile pour la nature. Nous avons vu les grands titres des journaux, suffoqué pendant les canicules, respiré la fumée des feux de forêt et observé un changement de cap sur la scène politique. Malgré tout, nous avons accompli de magnifiques progrès ensemble.

Certains événements marquants nous ont cependant fait réfléchir.

Plus tôt cette année, 2024 a été déclarée l’année la plus chaude jamais enregistrée. On prévoit que l’année 2025 sera la deuxième plus chaude, ce qui devrait porter la moyenne sur trois ans à plus de 1,5 °C, le seuil que l’Accord de Paris devait nous empêcher d’atteindre.

La saison des feux au Canada avait déjà atteint le statut de deuxième plus catastrophique au début du mois d’août, avec plus de 6 000 incendies actifs sur près de neuf millions d’hectares. Le réchauffement de l’Arctique a ralenti, passant de quatre fois la moyenne mondiale à seulement trois fois, mais uniquement parce que le réchauffement s’est accéléré partout ailleurs.

Pendant ce temps, divers paliers de gouvernement au pays se sont détournés de la protection de la nature, même si les sondages successifs confirment que les Canadien.ne.s considèrent la nature comme un élément central de leur identité. Sur la scène internationale, la situation n’était pas bien différente : la COP30, la conférence des Nations Unies sur le climat qui s’est déroulée en novembre dernier, s’est terminée sans plan menant à l’abandon graduel des énergies fossiles, à la fin de la déforestation ou à l’adoption de mesures réellement efficaces pour la nature.

Ici, chez nous, le Bureau du vérificateur général a conclu que le gouvernement fédéral avait pris du retard dans le respect de ses engagements en matière d’aires protégées, avant même l’entrée en vigueur de nouvelles lois à l’échelle du pays privilégiant le développement au détriment des mesures de protection environnementales, et ce malgré les preuves grandissantes que des écosystèmes sains constituent le fondement d’une prospérité économique à long terme.

Notre Rapport Planète vivante Canada 2025 a dévoilé le portrait le plus sombre de la perte d’espèces à ce jour : des déclins dans tous les groupes d’espèces que nous suivons. Megan Leslie, présidente-directrice générale du WWF-Canada, y voit un « signal d’alarme de la nature ». Un parmi de nombreux autres cette année.

Mais comme Megan l’a également souligné, « cet avertissement est aussi l’occasion pour nous d’inverser le cours des choses avant qu’il ne soit trop tard ».

Et c’est exactement ce que vous nous avez aidé.e.s à faire. Aux côtés de notre personnel de conservation, de nos partenaires autochtones, de nos chercheur.euse.s et de communautés partout au pays, vous avez non seulement tenu bon, mais vous nous avez permis de progresser.

Voici donc un résumé de certains des accomplissements que nous avons réalisés ensemble. Nous espérons que cela vous inspirera à aller encore plus loin – en passant à l’action, en donnant de l’élan au mouvement et en créant un changement durable pour la nature, les espèces et nous tous et toutes.

Nous avons aidé à restaurer le Canada

Vue d'un ruisseau de frai de saumons en forêt par une journée ensoleillée, avec du bois de grève au premier plan.
Restauration de l’habitat du saumon sur le territoire de la Première Nation Katzie © Joshua Ostroff / WWF-Canada

La restauration des écosystèmes vise avant tout à raviver la nature. Il s’agit de restaurer nos terres et nos eaux et de faire renaître l’espoir. Nous ne savions pas encore au début de l’année 2025 à quel point cet espoir serait essentiel.

Cette année, nous avons poursuivi notre collaboration avec la Première Nation Katzie pour restaurer l’habitat du saumon dans les basses-terres continentales de la Colombie-Britannique. Au Nouveau-Brunswick, nous avons planté des arbres et arbustes le long des berges du bassin versant du fleuve Wolastoq. Et en Colombie-Britannique, notre partenariat avec la Secwepemcúl’ecw Restoration and Stewardship Society (SRSS) a franchi le cap du 1,5 million d’arbres indigènes plantés au cours de deux saisons sur le terrain sur 1 000 hectares de terres endommagées par les incendies, une étape importante.

Nous avons également lancé Mission restauration et tenu notre premier Forum sur la restauration pour inviter davantage de personnes à participer à ce travail. Nous avons annoncé le lancement du Fonds Catalyseur visant à soutenir de petites mesures à fort impact en 2026. Finalement, nous avons élargi deux programmes qui permettent aux communautés de mener leurs propres projets de restauration : re:cultiver, notre programme de culture de plantes indigènes et nos subventions Libérez votre nature pour les écoles et les campus.

Vue de côté d'un loup de l'Est dans une zone boisée
Loup de l’Est en Ontario © Kevin Gevaert / iNaturalist.ca

Nous avons élevé la voix pour la nature

Alors que les menaces économiques occupaient l’attention de tous les ordres de gouvernement, vous avez appuyé nos demandes pour une croissance responsable, en envoyant plus de 5 200 lettres pour protester contre la décision de l’Ontario d’abroger ses lois sur les espèces en voie de disparition et 1 400 autres pour contester une loi fédérale privilégiant l’approbation de projets au détriment des processus d’évaluation environnementale existants.

Même si ces lois ont ultimement été adoptées, votre appel continuera d’être entendu en 2026 : les espèces en voie de disparition ne sont pas une simple contrainte administrative. Le Canada doit faire prospérer notre économie tout en préservant la nature qui nous définit.

Nous avons créé des vergers de semences

Afin d’atteindre nos ambitieux objectifs de restauration, nous avons financé la création de 13 nouveaux vergers de semences gérés par des groupes autochtones, des sociétés de conservation, des entreprises et des pépinières. Dans ces vergers, situés au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, poussent des plantes indigènes adaptées aux différentes régions, qui serviront de nourriture et d’abri aux espèces locales.

Nous avons réalisé des recherches cruciales sur l’état des espèces canadiennes

Harfang des neiges déployant ses ailes dans un paysage enneigé
Harfang des neiges © Don Getty

Le Rapport Planète vivante Canada (RPVC), notre rapport phare, a révélé que la taille des populations d’espèces suivies au Canada a chuté en moyenne de 10 % de 1970 à 2022, soit le déclin moyen le plus sévère depuis le premier rapport du WWF-Canada il y a près de deux décennies.

Toutefois, les perspectives autochtones et les récits de rétablissement des espèces présentés dans le RPVC détiennent la clé d’un avenir radieux pour la nature canadienne : grâce à des efforts concertés et à des stratégies de conservation appropriées, nous pouvons rester à l’écoute de ce signal d’alarme et ainsi freiner et renverser la perte des espèces.

Man in blue t-shirt high fives a young girl in a pink shirt while climbing the stairs at BC Place and being cheered on by WWF staff, volunteers and the panda mascot
© Beau Chevalier / WWF-Canada

Nous avons amassé 1,7 million de dollars dans le cadre de notre Ascension pour la nature, un record

Vous avez gravi 11 168 238 marches dans le cadre de notre Ascension pour la nature en 2025. Les trois événements, à la Tour CN de Toronto, au stade BC Place de Vancouver et de manière autonome partout ailleurs au pays, ont permis d’amasser 1,7 million de dollars pour la réalisation de projets de conservation essentiels partout au Canada.

Merci aux 5 879 grimpeur.euse.s, ainsi qu’aux 24 974 donateur.trice.s, commanditaires et bénévoles qui ont fait de cet événement le plus réussi à ce jour.

Nous avons soutenu des aires protégées et de conservation autochtones

Grâce à notre Fonds de soutien aux APCA, qui octroie de 50 000 $ à 100 000 $ par année pour soutenir les premiers efforts en matière d’aires protégées et de conservation autochtones, Kitigan Zibi Anishinābeg a fait progresser Kidjīmāninān (« notre canot » en algonquin), son initiative menée par les Autochtones. Les travaux entrepris incluaient la cartographie du carbone dans les écosystèmes, des points névralgiques pour la biodiversité et des zones importantes pour la récolte traditionnelle et les rassemblements.

Cet effort jette les bases d’un réseau interconnecté d’aires protégées, démontrant comment le savoir autochtone et la science peuvent collaborer afin d’orienter des résultats de conservation durables et portés par les communautés.

Nous avons également soutenu la communauté de Kugaaruk dans la région est de Kitikmeot au Nunavut pour faire progresser ses programmes d’APCA et de Gardien.ne.s autochtones en finançant des ateliers de cartographie, un nouveau poste de coordonnateur.trice local.e et l’achat d’équipement comme des motoneiges et en offrant des possibilités de formation. Alors que les plans se concrétisent, les Gardien.ne.s de Kugaaruk sont déjà sur le terrain et font le suivi des espèces et des impacts climatiques, en plus de soutenir la souveraineté alimentaire.

Nous avons élargi la formation de notre Programme nature et carbone à l’échelle nationale

Personne vêtue d’un gilet de sécurité mesurant le diamètre d’un petit tronc d’arbre dans une forêt à l’automne
Une participante mesure le diamètre d’un petit tronc d’arbre © Andrew Price / WWF-Canada

Nous avons élargi notre programme de soutien aux efforts des communautés qui recueillent des données sur leurs forêts, leurs milieux humides et leurs prairies en offrant une formation sur la mesure du carbone à des participant.e.s comme la Première Nation des Chippewas de la Thames près de London, en Ontario, et la SRSS, dans le centre intérieur de la Colombie-Britannique.

Nos outils de formation, qui comprennent des ateliers en personne, des vidéos éducatives et une bibliothèque de ressources en ligne accessible gratuitement, contribuent à orienter les plans de restauration, la défense des zones protégées et le développement d’économies de conservation.

Illustration du balado This Is Wild avec une gros plan sur un oeil de saumon en arrière-plan
Illustration du balado This Is Wild © WWF Canada

Nous avons raconté la vie trépidante des espèces

Des monarques qui migrent à travers le continent jusqu’aux rorquals communs qui partagent leurs eaux avec des pétroliers, en passant par les faucons pèlerins plus nombreux et les caribous de la toundra en déclin, notre nouveau balado This is Wild (en anglais seulement) a brossé un portrait de la vie mouvementée des espèces canadiennes en péril et des personnes extraordinaires qui veillent à leur protection.

Écoutez nos six épisodes sur la plateforme de votre choix, et restez à l’affût pour ne pas manquer nos nouveaux épisodes en 2026.

Nous avons milité en faveur d’un transport maritime plus propre dans l’Arctique canadien et partout ailleurs

Les précédents plaidoyers du WWF-Canada auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont mené à l’approbation cette année d’une zone de contrôle des émissions (ZCE) dans l’Arctique canadien, ce qui réduira la présence de polluants comme le carbone noir, un type de suie qui accélère la fonte des glaces et nuit gravement aux espèces et à la santé humaine.

Nous avons également appuyé nos collègues du réseau WWF dans leur requête auprès de l’OMI pour approuver un cadre historique visant l’atteinte de la carboneutralité dans le transport maritime mondial d’ici 2050, et nous avons soumis une nouvelle recherche sur le bruit sous-marin en partenariat avec le gouvernement du Canada pour faire avancer des futures mesures alors que l’océan Arctique est de plus en plus fréquenté et bruyant.

Nous avons protégé les ours polaires, les morses et les caribous

Polar bears up on a cliff

 

Au cours de la dernière année, l’ours polaire a occupé une place centrale naturelle dans les projets de recherche et d’intendance du Fonds pour la conservation des espèces de l’Arctique, dont les objectifs comprennent l’amélioration de l’évaluation des sous-populations, l’intégration du savoir inuit dans les enquêtes scientifiques et la mise à jour technologique de notre programme de patrouille et de surveillance de longue date à Whale Cove.

Le Fonds pour la conservation des espèces de l’Arctique a célébré son dixième anniversaire en finançant une recherche sur les répercussions des voies maritimes dans l’Arctique sur les populations de morses, en soutenant la planification de l’aménagement des terres dans les Territoires du Nord-Ouest et en améliorant la surveillance du prélèvement des caribous à Arviat, au Nunavut.

Un pluvier siffleur se tient sur le sable
Pluvier siffleur © bookguy via iStockPhoto

Nous avons déterminé des stratégies de protection pour les espèces menacées (et les coûts associés)

Notre étude Gestion des menaces prioritaires pour le sud de l’Ontario dévoile les stratégies les plus économiques pour prévenir l’extinction locale de 130 espèces au cours des 25 prochaines années, y compris le bourdon américain, l’effraie des clochers, le loup de l’Est et le pluvier siffleur. Elle démontre également que le rétablissement de 100 de ces espèces serait possible grâce à un investissement annuel de 113 millions de dollars, soit moins d’un dixième de 1 % du budget 2024 de la province.

Nous avons certifié des campus qui agissent pour la conservation

Grâce à des actions telles que la plantation de 1 700 arbres, le recensement de 3 400 observations de la nature et le retrait de roseaux envahissants sur 31 000 mètres carrés de milieux humides, sept établissements postsecondaires ont obtenu cette année la certification Campus vivant du WWF-Canada qui souligne leur travail auprès des étudiant.e.s afin de donner un véritable coup de pouce à la nature.