Il est temps de remettre les aires protégées au cœur de nos priorités

Les rapports du Bureau du vérificateur général démontrent la nécessité de faire preuve de leadership pour respecter nos engagements envers la nature

Ottawa, le 6 novembre 2025 – Les rapports dévoilés aujourd’hui par le Bureau du vérificateur général démontrent que le Canada n’est pas en voie de protéger 25 % de ses terres, de ses eaux intérieures et de ses écosystèmes marins d’ici 2025, ou 30 % d’ici 2030. Le WWF-Canada juge préoccupant ce manque de progrès, tout en y voyant une occasion pour le gouvernement de s’appuyer sur son expérience pour réaffirmer son engagement, en accélérant les mesures et les investissements.

Les aires protégées sont essentielles à la survie des espèces et à la santé des écosystèmes, qui fournissent des bienfaits notamment par la purification de l’air et de l’eau et l’atténuation des impacts des changements climatiques. Ces lieux de protection constituent également un élément essentiel du parcours du Canada vers la réconciliation avec les peuples autochtones, notamment grâce aux aires protégées et de conservation autochtones (APCA).

En ratant ses cibles en matière d’aires protégées, le Canada compromet les efforts de conservation de la nature et affaiblit notre résilience climatique. Le pays entache également sa crédibilité sur la scène internationale en tant que signataire principal du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM), qui définit la cible de 2030.

« Ces rapports illustrent clairement la difficulté du Canada à respecter ses engagements nationaux et internationaux envers la nature. Nous savons que les aires protégées et de conservation sont la pierre angulaire de nos efforts pour freiner la perte de biodiversité et renforcer notre résilience climatique. Le Canada doit de toute urgence réitérer son engagement et investir davantage dans la protection de nos terres et de nos eaux », soutient James Snider, vice-président, Science, savoir et innovation chez WWF-Canada.

Pour que le Canada respecte son engagement de conserver 30 % du territoire canadien d’ici 2030, le WWF-Canada se fait l’écho du commissaire et demande au gouvernement fédéral de travailler en collaboration avec les détenteur.rice.s de droits, les parties prenantes, ainsi que les gouvernements provinciaux, municipaux et autochtones pour recentrer les efforts vers l’atteinte de ses cibles en matière d’aires protégées. Le WWF-Canada exhorte le gouvernement à :

  • approuver le plan d’aménagement du territoire pour le Nunavut, qui pourrait rapprocher de 4,5 % le Canada de sa cible de 2030 – le projet offrant la plus importante occasion de progrès – et qui est essentiel à l’orientation du développement dans l’Arctique;
  • renouveler les investissements dans les programmes comme le fonds Patrimoine naturel bonifié pour poursuivre les efforts de protection et de restauration de la nature, et en tirer des bienfaits pour la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques;
  • financer la protection de milieux marins et terrestres au-delà de 2026 pour assurer la progression vers les cibles de 2030 et la sauvegarde des aires marines protégées (AMP) existantes et futures. Dans la situation actuelle, les 842,8 millions de dollars mis de côté en 2021 en soutien à la conservation seront épuisés en mars 2026;
  • continuer à soutenir et à prioriser une gestion coopérative des aires protégées marines et terrestres par des gouvernements et organismes autochtones, en conformité avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA);
  • travailler à assurer que des éléments comme l’intégrité écologique, la connectivité et la représentation écologique sont au cœur de l’établissement d’aires protégées et de conservation. Des ressources comme la récente publication scientifique (en anglais seulement) du WWF-Canada peuvent être utilisées pour faire avancer ces aspects qualitatifs des aires protégées tels que définis dans le CMBKM;
  • élargir l’application de la norme de protection minimale des AMP, en particulier pour les « refuges marins », qui représentent actuellement environ le tiers des aires protégées du Canada;
  • travailler avec les ministères du gouvernement fédéral qui n’ont pas de rôle de conservation défini (p. ex. Transports Canada) pour assurer la mise en place de protections assurant la sauvegarde des écosystèmes contre les plus grandes menaces, telles que celles posées par le transport maritime et le développement en milieu marin.

 

À propos du WWF-Canada

Le WWF-Canada s’engage à prendre des mesures de conservation justes et équitables qui permettent de restaurer la nature, de renverser la perte d’espèces et de lutter contre les changements climatiques. Nous nous appuyons sur des analyses scientifiques et sur les recommandations des Autochtones pour nous assurer que tous nos efforts sont liés à un seul objectif : un avenir où les espèces, la nature et les humains vivent en harmonie. Pour en savoir plus, visitez le wwf.ca/fr.

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