130 espèces du sud de l’Ontario pourraient disparaitre localement d’ici 2025 si aucune nouvelle mesure n’est prise
Une nouvelle étude démontre que 98 % des espèces en déclin dans l’écorégion du lac Simcoe-Rideau pourraient disparaitre d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise, mais que des stratégies ciblées offrent des solutions concrètes
Toronto (Ontario), le 3 novembre 2025 – Le sud de l’Ontario abrite 133 espèces en péril, dont 98 % pourraient disparaitre localement au cours des 25 prochaines années si le gouvernement provincial ne prend pas les mesures nécessaires pour les protéger. Une nouvelle étude de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et du Fonds mondial pour la nature Canada ( WWF-Canada) démontre qu’un investissement de seulement 7 $ par Ontarien.ne dans le cadre de huit stratégies de conservation contribuerait au rétablissement de 75 % de ces espèces, y compris l’ours noir, le hibou des marais et la tortue mouchetée.
Publiée aujourd’hui dans le journal Ecological Solutions and Evidence, l’étude (en anglais seulement) s’est penchée sur l’état de la biodiversité dans l’écorégion du lac Simcoe-Rideau, une zone critique pour les espèces en péril. Elle a conclu que si l’Ontario ne s’attaque pas au problème, 130 des 133 espèces actuellement en déclin, en péril ou d’importance culturelle pour les communautés autochtones pourraient disparaitre d’ici 2050.
Les chercheur.euse.s démontrent également qu’un investissement de 113 millions de dollars par année dans le cadre de huit stratégies de conservation – qui touchent notamment la protection des habitats, la création de passages fauniques sécuritaires et une meilleure gestion des espèces envahissantes – contribuerait au rétablissement de 100 de ces espèces. Cela représente moins d’un dixième de pour cent du budget provincial de l’Ontario pour l’année 2024.
« Si l’Ontario continue d’ignorer le problème, 130 espèces, dont 98 % sont en péril, pourraient disparaitre de la région d’ici 2050 », soutient Abbey Camaclang, auteure de la recherche et chercheuse à la faculté de foresterie de UBC. « Mais notre analyse démontre que le rétablissement est possible et détermine les façons les plus économiques d’y parvenir. »
Identifier des stratégies de conservation à fort impact
Les chercheur.euse.s ont utilisé la Gestion des menaces prioritaires, un outil décisionnel créé par Tara Martin, Ph. D., et son équipe. L’approche GMP s’appuie sur les connaissances d’expert.e.s de la région pour évaluer les couts, les avantages et la faisabilité, et déterminer rapidement les mesures de conservation qui permettent d’obtenir les meilleurs résultats à moindre cout pour la biodiversité.
Les huit stratégies préconisées ici touchent la gestion des espèces, l’intendance des propriétaires foncier.ière.s, les lois et les politiques, la protection des habitats, les passages fauniques sécuritaires, la gestion des espèces envahissantes et des maladies, la restauration et la régénération, et les pratiques orientées sur l’industrie.
« Au Canada, nous avons 864 espèces en péril et aucun plan chiffré pour les sauver. L’approche GMP détermine comment tirer le maximum des ressources dont nous disposons et permet d’évaluer le manque à gagner, c’est-à-dire le financement dont nous avons besoin pour donner à ces plantes et ces animaux la meilleure chance de rétablissement et d’épanouissement à l’avenir », explique Tara Martin, Ph. D., auteure principale et professeure à la faculté de foresterie de UBC.
En plus de bénéficier aux espèces, les stratégies déterminées dans le cadre de l’approche GMP pourraient améliorer la qualité de l’eau, protéger des espèces importantes sur le plan culturel pour les peuples autochtones, créer des emplois, et stocker et séquestrer du carbone. La conservation et la restauration des habitats dans la région pourraient également prévenir l’émission d’au moins 11,2 millions de tonnes d’équivalent CO2 en gaz à effet de serre et séquestrer 137,6 millions de tonnes d’équivalent CO2, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Ontario au fil du temps, et à compenser les couts de la mise en œuvre des mesures de conservation.
« La GMP met en lumière l’urgent besoin d’agir en Ontario, à un moment où des protections environnementales comme la Loi sur les espèces en voie de disparition sont menacées », souligne James Snider, vice-président, Science, savoir et innovation au WWF-Canada. « En l’absence de nouveaux investissements et de lois robustes, nous risquons de perdre des espèces comme le bourdon américain, l’effraie des clochers, le loup de l’Est et le pluvier siffleur, et de fragiliser des écosystèmes essentiels au bien-être et à la subsistance des communautés. »
Appel à l’action en Ontario
UBC et le WWF-Canada ont utilisé le cadre de Gestion des menaces prioritaires pour déterminer les mesures à prendre dans le bassin versant du fleuve Wolastoq, au Nouveau-Brunswick, et les ont mises en place sur-le-champ. Le WWF-Canada, en collaboration avec des partenaires de terrain, a ainsi restauré plus de 5 300 hectares d’habitats et planté plus de 31 000 arbres et plantes.
« L’approche GMP nous a permis de déterminer les mesures de conservation les plus efficaces pour l’écorégion du lac Simcoe-Rideau, et de quantifier les avantages généraux de leur implantation, comme l’amélioration de la qualité de l’eau, la création d’emplois et le stockage de carbone. Les preneur.euse.s de décision disposent ainsi d’une feuille de route claire pour le rétablissement des espèces en péril, qui offre également une véritable valeur sur le plan environnemental et sociétal », affirme Tara Martin, Ph. D.
Documents de référence :
Lien vers l’étude (en anglais seulement)
Lien vers le feuillet de documentation sur la GMP dans le sud de l’Ontario
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À propos du WWF-Canada
Le WWF-Canada s’engage à prendre des mesures de conservation justes et équitables qui permettent de restaurer la nature, de renverser la perte d’espèces et de lutter contre les dérèglements climatiques. Nous nous appuyons sur des analyses scientifiques et sur les recommandations des Autochtones pour nous assurer que tous nos efforts sont liés à un seul objectif : un avenir où les espèces, la nature et les humains vivent en harmonie. Pour en savoir plus, visitez le wwf.ca/fr.
À propos du laboratoire décisionnel pour la conservation de la faculté de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique
Le laboratoire décisionnel pour la conservation est dirigé par Tara Martin, Ph. D., et comprend une équipe de chercheur.euse.s universitaires et d’étudiant.e.s de cycle supérieur qui mettent au point des méthodes permettant de prédire les impacts des effets cumulatifs sur la biodiversité, et de les transformer en décisions éclairées quant aux mesures à prendre, ainsi qu’aux moments et aux endroits à privilégier pour le rétablissement et la conservation de la biodiversité.
Pour en savoir plus ou demander une entrevue auprès du WWF-Canada :
Amélie Talbot-Baudenon, gestionnaire des communications, WWF-Canada, [email protected]
Pour en savoir plus ou demander une entrevue auprès de l’Université de la Colombie-Britannique :
Charlotte Fisher, faculté de foresterie de UBC, cellulaire : 236-989-9828, [email protected]