Les plantes indigènes détiennent la réponse à plusieurs mystères hivernaux

Par Jarmila Becka Lee, Steve Hamel et Ellen Jakubowski

Pour nous qui vivons au Canada, l’hiver est une période de réflexion. C’est une saison où nous nous posons des questions comme : « Pourquoi est-ce que je vis à un endroit où l’air m’agresse le visage? Ma voiture va-t-elle démarrer ce matin? Ou combien de sacs de croustilles devrais-je acheter avant la prochaine tempête? »

Les rigueurs de l’hiver suscitent aussi des questions sur les espèces locales : « Qu’est-ce que les oiseaux mangent lorsqu’il n’y a pas de mangeoires? » Ou encore : « Où vont les insectes quand les températures baissent? » Les réponses à ces questions reposent souvent dans les plantes indigènes.

Pendant que vous attendez la fin d’un autre évènement météo inclément, préparez-vous un bon breuvage chaud et plongez-vous dans la lecture de ces faits sur les comportements des espèces en hiver.

Symphorine blanche + gélinotte huppée

Two plump brown birds perching on a log and on the snowy ground, in front of bushes bearing white berries. One bird has a berry in its bill.
Gélinotte huppée mangeant des fruits de symphorine blanche. Illustration : Jillian Thalman

Symphorine blanche (Symphoricarpos albus) est un nom logique pour cet arbuste formant des buissons. Après la floraison rose au printemps, des baies blanches en grappes poussent sur les branches clairsemées est restent en place tout l’hiver après la tombée des feuilles. Plusieurs oiseaux s’alimentent de ces baies, comme la gélinotte huppée (Bonasa umbellus; illustrée), le merle d’Amérique et la grive solitaire, ainsi que les ours noirs. Les cerfs de Virginie et les wapitis mangent les ramilles et les petits mammifères s’abritent dans et sous les branches.

Pour aider les espèces en hiver, pensez à ajouter des symphorines blanches sur votre propriété comme arbustes individuels ou en haies. Cette espèce vit bien sous diverses conditions d’ensoleillement et d’humidité, y compris dans des sols sableux ou graveleux. La symphorine blanche est indigène dans les provinces allant de la Colombie-Britannique au Québec, ainsi qu’au Nunavut.

Élyme du Canada + junco ardoisé

Two small grey and white birds perch on a log in front of a snowy landscape including tall grasses with tassel-like tops. One bird has a seed in its bill.
Des juncos ardoisés mangent des semences d’élyme du Canada. Illustration : Jillian Thalman

Une autre façon d’aider à nourrir les espèces durant les mois plus froids est de laisser des têtes de semences sur les tiges de fleurs et de plantes herbacées au lieu de les couper. Les oiseaux comme les juncos ardoisés (Junco hyemalis; illustrés) dépendent des semences d’élyme du Canada (Elymus canadensis; illustré) et d’autres plantes comme source primaire d’alimentation hivernale.

L’élyme du Canada offre aussi d’autres bénéfices aux espèces. À plusieurs moments au cours de l’année, des lapins à queue blanche et des insectes, telles les sauterelles et les larves de coléoptères, en mangent la végétation, et les oiseaux les utilisent pour matériau de construction de leur nid.

Cette graminée adaptable peuple des types d’habitats variables, des prairies aux dunes, aux littoraux, etc. Cultivez-la pour sa haute silhouette souple qui ajoute du relief au paysage en toutes saisons et contrôle l’érosion dans les pentes et sur les berges. Cette graminée est indigène en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick et au Nunavut.

Ronce odorante + mégachiles

On the left side of the image, the cross-section of a raspberry stem shows a developing bee larva, egg and pupa inside. The right side shows two bare raspberry bushes in the snow.
À gauche : Mégachiles à différents stades de vie dans leur cellule à l’intérieur d’une tige de ronce odorante. À droite : arbustes de ronce odorante. Illustration : Jillian Thalman

Les framboises sont un super aliment — pour les humains, bien entendu, mais aussi pour d’autres mammifères et pour les oiseaux. La ronce odorante (Rubus odoratus; illustrée) offre, en plus de ses fruits, un abri protecteur aux oiseaux et aux petits mammifères, avec des fleurs fournissant nectar et pollen pour les pollinisateurs comme les papillons et les abeilles indigènes.

En hiver, cet arbuste soutient de façon fascinante les abeilles du genre Mégachile (aussi appelées abeilles coupeuses de feuilles; illustrées). Les larves de ces abeilles sont abritées dans des espaces protégés, comme l’intérieur mou d’une tige comme la ronce odorante, dans des troncs ou enroulées dans des feuilles. Au printemps, les abeilles se métamorphosent en nymphe, puis en adultes, avant d’émerger de ces nids (partie gauche de l’image).

Au Canada, la ronce odorante est indigène en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse.

Thuya occidental + petite nyctale

A small brown owl perches to the left of a tree trunk against a backdrop of falling snow and more trees with evergreen foliage and small seed cones.
Une petite nyctale s’abrite dans un boisé de thuyas occidentaux. Illustration : Jillian Thalman

Les thuyas occidentaux (Thuja occidentalis) sont un élément élégant et familier de nos régions — encore plus qu’il n’y parait à première vue! Regardez de plus près et vous pourriez être surpris.e des espèces qui vivent dans ses branches. Vous pourriez apercevoir une adorable petite nyctale (Aegolius acadicus; illustrée) y faisant un somme, même en zone urbaine ou périurbaine.

Les espèces indigènes dont les cerfs, les écureuils roux et les lièvres en consomment les branches, alors que les oiseaux et les petits mammifères se nourrissent des graines contenues dans ses petits cônes.

En plus d’aider à soutenir les espèces, le thuya occidental est robuste, il tolère l’ombre et un éventail de conditions d’humidités, et aide à contrôler l’érosion des berges. Chez nous, cet arbre est indigène du Manitoba aux provinces maritimes.

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