© Shutterstock Blue spotted cuckoo bee

RAPPORT PLANÈTE VIVANTE 2018

Nous sommes la toute première génération à mesurer précisément la valeur de la nature et l’ampleur de nos actions sur elle. Nous sommes possiblement aussi la dernière à pouvoir agir pour renverser cette tendance.

COMMENT VONT NOS ESPÈCES?

La Terre connaît actuellement un déclin important de sa biodiversité, à un rythme qui n’est propre qu’aux extinctions massives. Les activités humaines non durables poussent les écosystèmes, dont dépendent toutes formes de vie sur Terre, à la limite de la viabilité. En conséquence, depuis moins de 50 ans, les populations mondiales d’espèces vertébrées ont chuté de 60 % en moyenne.

Publication phare du WWF qui paraît tous les deux ans, le Rapport Planète vivante est une étude exhaustive des tendances en matière de biodiversité et de santé de la planète. Le Rapport Planète vivante 2018 en est la douzième édition. Il rassemble les preuves scientifiques qui viennent appuyer ce que la nature nous répète déjà : que le développement humain et la surconsommation ont des effets dévastateurs sur nos espèces, nos forêts, nos océans, nos rivières et notre climat.

Grâce à de multiples indicateurs, dont l’indice planète vivante (IPV) fournit par la Société zoologique de Londres (ZSL), le rapport insiste sur le besoin urgent d’instaurer un nouvel équilibre mondial afin d’assurer le bien-être de la nature et des humains. Il propose de fixer des objectifs, des cibles et des paramètres à la fois clairs et ambitieux, afin de renverser la tendance actuelle marquée par une perte de la biodiversité qui a des répercussions dévastatrices sur l’ensemble de la planète, la nôtre.

LE RAPPORT PLANÈTE VIVANTE EN UN COUP D’OEIL
Moyenne de déclin des populations d'espèces d'eau douce depuis 1970.
Des forêts de la planète sont en péril à cause des impacts des activités humaines.
Depuis le début de l’ère moderne, les milieux humides ont perdu 87 % de leur superficie.
Le Rapport Planète vivante Canada en un coup d’oeil
Malgré l’entrée en vigueur de la Loi sur les espèces en péril, les espèces en péril protégées au niveau fédéral ont continué leur déclin.
La moitié des espèces vertébrées contrôlées évaluées entre 1970 et 2014 sont en déclin.
La moitié de nos espèces contrôlées sont en déclin, et leur indice Planète vivante indique un déclin moyen de 83 %.
© Mark HOBSON / WWF-Canada
Faits intéressants tirés du Rapport Planète vivante Canada
Les espèces en péril protégées par la loi fédérale ont continué de décliner depuis l'avènement de la Loi sur les espèces en péril. Selon les chercheurs, la LEP a failli à sa mission de protéger les espèces les plus en difficulté. Les scientifiques pointent du doigt : 1. Les délais pour l'inscription à la LEP; 2. Les échecs à respecter les délais de la LEP pour les stratégies de rétablissement et l'identification et la protection des habitats essentiels; 3. La soumission aux considérations économiques au moment de décider d'inscrire une espèce à la liste de la LEP; et 4. Le manque de financement pour appuyer les plans de rétablissement et les exigences d'intendance pour le rétablissement des espèces.
Au Canada, les populations de mammifères ont chuté de 43 %.
Les populations d’amphibiens et de reptiles ont chuté de 34 % entre 1970 et 2014.
Les populations d’oiseaux des prairies ont chuté de 69 % depuis 1970
Les populations de poissons du lac Ontariont chuté de 32 % entre 1992 et 2014.
Les populations contrôlées de poissons de l’Atlantique ont chuté de 38 % entre 1970 et 2014.

COMMENT NOUS AIDER

Afin d’assurer la survie de nos espèces, il est primordial de protéger les milieux et les écosystèmes dans lesquels ils se réfugient pour leur survie. Partout au pays, des citoyen.ne.s se lèvent pour ralentir le déclin des espèces, et vous pouvez en faire autant.
Voici comment :

  • Utilisez votre pouvoir en tant que citoyen.ne et consommateur.rice : faites entendre votre voix et faites des choix pour encourager les entreprises et les gouvernements à adopter des pratiques et des programmes favorables aux espèces, aux aires protégées et à la lutte contre les changements climatiques.
  • Calculez votre propre empreinte écologique, puis trouvez des moyens de la réduire.
  • Devenez un.e défenseur.se des espèces à l’école, et dans votre communauté.
©  Spin and Mindy Williams check on the health and productivity of their honeybees in Iowa, United States. Raising bees has required surrounding farmers to adjust when and how they can spray pesticides on their fields, a practice that has indirectly benefited monarchs and their habitat.

REMETTRE LES ESPÈCES À L’AGENDA

Tous les paliers de gouvernement, les entreprises, les industries et le grand public doivent joindre leurs efforts sans plus tarder, afin de répondre aux exigences de base en ce qui a trait à la biodiversité, aux aires protégées et aux dérèglements climatiques. Si nous n’agissons pas dès maintenant, nous serons témoins d’un sérieux déclin des espèces, dont plusieurs se dirigent tout droit vers l’extinction. Nous devons particulièrement :

  • Créer un nouveau réseau d’aires protégées avec des sites de haute qualité en milieux terrestres et aquatiques, lesquels devront prioriser les espèces en péril, bénéficier au plus grand nombre d’espèces et agir comme d’importants puits de carbone.
  • Créer un nouveau réseau d’aires marines protégées qui donneront priorité aux habitats essentiels ainsi qu’aux aires d’alimentation propres aux espèces en péril, en plus d’exclure le développement et les activités d’extraction néfastes telles que l’exploration pétrolière et gazière des aires marines protégées et des refuges marins existants.
  • Démontrer une volonté politique et utiliser les outils fournis par la Loi sur les espèces en péril afin de prévenir l’extinction de nos espèces les plus vulnérables, en émettant, par exemple, un décret d’urgence en vue d’aider les épaulards résidents du Sud.
  • Cesser de reporter l’élimination des subventions octroyées à l’industrie des combustibles fossiles, et plutôt transiter vers un soutien financier pour le développement d’énergies renouvelables et favorables aux écosystèmes naturels et aux emplois associés.
  • Mettre à jour la loi 69 (Loi sur l’évaluation d’impact) en vue de garantir, lors de toute prise de décision importante liée au développement, une évaluation basée sur les répercussions sur le climat et la biodiversité, y compris :
    • Un budget carbone qui limite les émissions à un réchauffement de 1,5 °C.
    • Des évaluations régionales stratégiques tenant compte des effets cumulatifs du développement sur les espèces et les écosystèmes.