© Jonathan Caramanus / Green Renaissance / WWF-UK Nancy Rono, Farmer, on her farm with cameleonon on her arm. Bomet County, Mara River Upper Catchment, Kenya.

RAPPORT PLANÈTE VIVANTE 2020

Le constat du Rapport Planète vivante 2020 est sans appel. Notre lien avec la nature est rompu.

L’état de la biodiversité

La biodiversité de notre planète disparaît à un rythme effarant. Son déclin affecte de plus en plus notre santé. La nature et l’humanité font face à des catastrophes sans précédent.

Nous devons agir maintenant si nous voulons laisser une chance à la nature de se régénérer.

© naturepl.com / Andy Rouse / WWF  Black-browed albatross with a chick in nest

À propos du Rapport Planète vivante

Le Rapport Planète vivante, publication phare du WWF qui paraît tous les deux ans, est une étude exhaustive des tendances de la biodiversité mondiale et de la santé de la planète.

Le Rapport Planète vivante 2020 est la 13e édition du rapport. Il appuie grâce à des preuves scientifiques le message que nous envoie constamment la nature : les activités humaines poussent à bout les systèmes naturels qui permettent la vie sur Terre.

Avec de nombreux indicateurs, dont l’Indice Planète Vivante (IPV) fourni par la Société Zoologique de Londres, il révèle le déclin moyen de 68 % de presque 21 000 populations de vertébrés sauvages entre 1970 et 2016.

Les conclusions du rapport doivent alerter les décideur.se.s du monde entier. Ensemble, bâtissons un monde post-COVID-19 qui soit durable, résilient et sain pour la nature et les collectivités.

Faits tirés du Rapport Planète vivante

La tendance prononcée du déclin des populations d’espèces est une mesure de la santé générale des écosystèmes : notre planète nous envoie des signaux d’alarme rouges clignotants. L’Indice Planète vivante 2020 révèle un déclin de 68 % en moyenne des populations d’espèces vertébrées, soit les mammifères, les oiseaux, les amphibiens, les reptiles et les poissons, en moins d’un demi-siècle (de 1970 à 2016).

En moyenne, les tendances de population des espèces aquatiques suivies ont connu une chute dévastatrice, et la mégafaune est particulièrement menacée. Les populations d’espèces vivant dans les habitats d’eau douce ont souffert du déclin le plus vertigineux de tous les biomes, avec une perte de 84 % en moyenne, ce qui équivaut à 4 % par année depuis 1970.

Déclin moyen de la taille des populations d’espèces d’eau douce depuis 1970
Déclin moyen de la taille des populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons
© WWF / Vincent Kneefel Close up of the head of a West Indian manatee, Florida

État des espèces au pays

Le Rapport Planète vivante Canada 2020 du WWF-Canada (RPVC) a analysé les tendances de populations d’espèces sauvages et révèle que les efforts de protection et de rétablissement des espèces vulnérables à l’échelle locale, provinciale et nationale ne suffisent pas. Les populations d’espèces canadiennes évaluées comme étant en péril au pays par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) ont connu un déclin de 59 %, en moyenne, de 1970 à 2016. Les espèces dont la conservation suscite des préoccupations à l’échelle mondiale, qui sont menacées de disparition selon la Liste rouge de l‘UICN, ont connu quant à elles un déclin de 42 %, en moyenne au Canada, de 1970 à 2016. Les espèces en péril au Canada sont confrontées à cinq menaces en moyenne, dont la menace grandissante du dérèglement climatique.

Déclin moyen des espèces canadiennes en péril
Déclin moyen des espèces au statut de conservation préoccupant au niveau mondial
© WWF / James Morgan Atlantic coast forest, Gabon

En quoi ce déclin est-il important?

Presque tous les aspects de la santé et du bien-être humains dépendent de la nature : nous en dépendons pour nous alimenter, nous habiller, pour notre eau, l’énergie que nous consommons, les médicaments et autres matériaux génétiques. Elle est aussi cruciale pour réguler le climat, la qualité de l’eau, la pollution, la pollinisation, le contrôle des inondations et des marées de tempêtes.

Les facteurs provoquant le déclin des espèces représentent aussi des menaces directes envers les humains, mettant potentiellement notre santé en péril. En plus de causer la perte de biodiversité, la déforestation et l’empiétement des terres agricoles, l’intensification de la production de bétail et la hausse du prélèvement d’espèces sauvage sont aussi des facteurs dominants de l’émergence des maladies infectieuses d’origine animale, comme la COVID-19.

Peut-on renverser la perte de biodiversité?

Des modélisations de pointe démontrent que le monde pourrait commencer à stabiliser et renverser la perte de biodiversité.

Cette initiative pour relever la courbe de la biodiversité montre comment cet objectif peut être atteint avec des efforts de conservation plus ambitieux, en plus de changements dans la façon dont nous produisons et consommons notre nourriture. Par exemple, nous pourrions produire et transiger plus efficacement la nourriture pour éviter le gaspillage, ainsi que favoriser des diètes plus durables.

Mais aucune de ces actions ne suffira à elle seule.

© Adriano Gambarini / WWF-US Hands plant a seedline on Bela Vista Farm, Sao Paulo, Brazil

Solutions pour remédier à des menaces multiples

Les stratégies de conservation doivent regrouper des approches systématiques et à volets multiples qui s’attaquent à la fois à la perte de biodiversité et aux effets du dérèglement climatique. Une façon de procéder passe par des solutions climatiques basées sur la nature, comme la création d’aires protégées et la restauration d’écosystèmes, qui contribuent à freiner la disparition d’espèces en remédiant à plusieurs menaces à la biodiversité, tout en atténuant les effets du dérèglement climatique grâce à la séquestration de carbone dans les écosystèmes naturels.

Les conclusions du Rapport Planète vivante Canada 2020 du WWF-Canada démontrent la nécessité de prendre immédiatement des mesures ambitieuses. La prochaine décennie sera cruciale pour renverser la tendance catastrophique de la disparition de la biodiversité et des effets négatifs du dérèglement climatique. Le Canada peut, et doit, assumer le rôle de leader mondial en raffermissant ses objectifs et ses engagements au pays, et en montrant au monde entier la voie à suivre pour le bien-être de la nature et de l’humain.