La perte d’espèces canadiennes alimente la crise mondiale de la biodiversité

De nouvelles approches sont nécessaires pour s’attaquer au déclin moyen de 42 %, selon le Rapport Planète vivante Canada 2020

Toronto, Ont., 2 septembre 2020

Des espèces canadiennes en péril connaissent des pertes vertigineuses et ce, aux niveaux national et mondial.

Le Rapport Planète vivante 2020 publié aujourd’hui par le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada) révèle que de nombreuses espèces dont la conservation est préoccupante au niveau mondial – soit les espèces évaluées comme étant menacées de disparition par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – ont vu leurs populations canadiennes chuter de 42 % en moyenne depuis 1970.

Le rapport révèle aussi que les populations d’espèces jugées en péril au pays par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC, l’organisme scientifique qui détermine le risque de disparition des espèces) ont chuté en moyenne de 59 %.

Le rapport a analysé les tendances de populations d’espèces entre 1970 et 2016 en utilisant un nouvel ensemble de données salué par la Société zoologique de Londres comme l’un des ensembles nationaux les plus complets. Les expert.e.s du WWF-Canada ont ainsi trouvé que les espèces en péril au Canada sont confrontées à cinq menaces en moyenne, dont la menace grandissante du dérèglement climatique qui va en s’accélérant.

Tout cela rappelle que le Canada n’en fait pas assez pour protéger ses espèces les plus en péril. Et cela confirme que les mesures de conservation qui ne ciblent qu’une seule menace n’auront probablement pas de succès à long terme. De nouvelles approches équitables et justes sont grandement nécessaires afin de s’attaquer à des menaces multiples telles que le dérèglement du climat, comme par exemple les solutions climatiques basées sur la nature et les aires protégées et de conservation autochtones.

Le Rapport Planète vivante Canada 2020 met aussi en lumière les espèces dont la conservation importe autant au niveau national qu’au niveau mondial. Il inclut par ailleurs des savoirs et des voix autochtones qui sont vitales à la réalisation d’efforts de conservation justes et équitables.

EN QUOI CONSISTE L’INDICE PLANÈTE VIVANTE?

Tout comme un indice des marchés boursiers mesure la performance économique, l’Indice Planète vivante mesure la performance écologique des espèces à l’échelle mondiale, nationale ou locale. Il permet de mesurer la performance écologique en repérant des tendances dans l’abondance des vertébrés (taille de la population) dans le temps.

QU’EST-CE QUI EST COMPRIS DANS L’INDICE PLANÈTE VIVANTE DU CANADA?

  • Plus de 300 sources de données;
  • 3781 populations d’espèces indigènes suivies avec des données s’étendant sur plusieurs périodes entre 1970 et 2016;
  • 883 espèces de vertébrés suivies (100 espèces de mammifères, 389 espèces d’oiseaux, 357 espèces de poissons et 37 espèces d’amphibiens et de reptiles);
  • Les espèces d’invertébrées ne sont pas incluses, puisqu’il n’existe des données uniformes de suivi à long terme que pour une petite fraction de ce grand groupe.

CONSTATS PRINCIPAUX

  • Les populations d’espèces dont la conservation suscite des préoccupations à l’échelle mondiale, qui sont menacées de disparition selon la Liste rouge de l’UICN, ont décliné de 42 % en moyenne au Canada entre 1970 et 2016.
  • Les populations d’espèces canadiennes évaluées comme étant en péril au pays par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) ont décliné de 59 % en moyenne entre 1970 et 2016.
  • Les espèces en péril au Canada sont confrontées à cinq menaces en moyenne, dont la menace grandissante du dérèglement climatique.

QU’EST-CE QUI CONTRIBUE AU DÉCLIN DES ESPÈCES AU CANADA?

Les espèces en péril sont confrontées à des menaces multiples – dont la perte d’habitat, la surexploitation des espèces commerciales, les pressions industrielles et la pollution – qui interagissent entre elles et peuvent avoir des effets en cascade. Par ailleurs, la perte de biodiversité et le dérèglement climatique sont en croissance et accélèrent les autres menaces. De nouvelles approches qui répondent simultanément à des menaces multiples sont nécessaires partout au pays

RECOMMANDATIONS

Les solutions basées sur la nature, comme des aires protégées bien situées et la restauration d’écosystèmes dégradés, peuvent contribuer à freiner la disparition des espèces en remédiant simultanément à des menaces multiples touchant la biodiversité, tout en atténuant le dérèglement climatique par la captation et le stockage du carbone dans les écosystèmes.

Des études récentes ont démontré que les terres gérées par des Autochtones sont plus riches en espèces que les autres régions canadiennes et qu’elles comptent plus d’espèces menacées. Pour être efficace, équitable et juste, le Canada devrait rehausser l’importance, le nombre et la souveraineté des aires protégées et de conservation autochtones (APCA) au pays.

Megan Leslie, présidente-directrice générale du WWF-Canada, affirme :

« Pour protéger les espèces canadiennes les plus vulnérables, nous devons adopter de nouvelles approches de conservation. Mais nous ne pourrons y arriver seul.e.s. Afin de susciter un changement en profondeur grâce à des solutions novatrices et inspirantes, nous devons travailler tou.te.s ensemble, individus, organisations, communautés, gouvernements et entreprises, car il est maintenant temps d’agir. »

James Snider, vice-président, Science, savoirs et innovation du WWF-Canada, affirme :

« Les constats du Rapport Planète vivante Canada 2020 sont inquiétants et ils requièrent des actions immédiates. Ici, au Canada, les solutions climatiques basées sur la nature et la conservation menée par des Autochtones sont les façons les plus efficaces, efficientes et équitables pour bâtir un avenir plus résilient et plus prometteur pour les espèces, le climat et les humains. »

Valentina Marconi, de la Société zoologique de Londres, affirme :

« L’ensemble de données sur lequel se base le Rapport Planète vivante Canada 2020 fait partie des référentiels de données nationaux les plus exhaustifs quant à l’abondance des populations de vertébrés. La disponibilité des données de suivi à long terme et les années d’efforts concertés pour étayer le nombre d’espèces représentées ont résulté en un ensemble de données qui inclut plus de la moitié des espèces de vertébrés présents au Canada. »

Le Rapport Planète vivante Canada a été rendu possible grâce au soutien de la Fondation Patrick et Barbara Keenan.

À propos du WWF-Canada
Le WWF propose des solutions aux grands défis de conservation qui nous tiennent tou.te.s à cœur. Nous menons des projets dans des lieux uniques et de grande valeur environnementale afin que la nature, les espèces et les communautés puissent cohabiter en toute harmonie. wwf.ca/fr 

Pour plus de renseignements :

Laurence Cayer-Desrosiers, spécialiste des communications, 514-703-2409, lcdesrosiers@wwfcanada.org