De nouvelles données sur le frai du lançon du Pacifique relevées dans la mer des Salish

Océanpoisson-proie

Les protections actuelles de Pêches et Océans Canada ne correspondent pas à la période de frai du lançon du Pacifique, et cela met l’espèce en péril

ILE DE VANCOUVER, C.-B. Des preuves de frai du lançon du Pacifique ont été découvertes dans une région d’échantillonnage située entre la baie Cowichan et Bowser, sur la côte Est de l’ile de Vancouver, et l’ile Gabriola, selon une nouvelle étude publiée jeudi dernier par l’Université de l’ile de Vancouver et le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada). Leurs constats ont des implications majeures pour les espèces à travers le réseau alimentaire, comme le saumon et l’épaulard résident du Sud.

Malheureusement, leur période de frai (de novembre à février) chevauche celle des réglementations du ministère des Pêches et des Océans (MPO) permettant les travaux dans cette zone intertidale. Cela pose un risque pour ce poisson-proie qui occupe une place importante dans le réseau alimentaire marin de la Colombie-Britannique, puisqu’il utilise les eaux intertidales peu profondes et les plages pour frayer.

« En recueillant davantage de données dans toute la mer des Salish, en Colombie-Britannique, en incluant plusieurs iles Gulf, nous commencerons à avoir une meilleure compréhension globale des lieux et des périodes de frai de ces poissons-proies, et des plages qui ont besoin d’efforts de conservation et/ou de restauration pour protéger l’habitat de frai, » a dit Jacklyn Barrs, spécialiste de la restauration des écosystèmes au WWF-Canada.

Comprendre où et à quelle période fraient les poissons-proies, comme le lançon du Pacifique, conduira à des actions de conservation plus appropriées qui n’aideront pas seulement les espèces en question, mais aussi celles qui en dépendent dans le réseau alimentaire. On pense ici au saumon quinnat, au guillemot marbré (une espèce inscrite au registre fédéral des espèces en péril) et à l’épaulard résident du Sud (indirectement, puisqu’il s’alimente de saumon quinnat). L’échantillonnage de la région a été effectué par l’Institut de recherche de la région de la biosphère du mont Arrowsmith (MABRRI) et a impliqué des citoyen.ne.s scientifiques qui ont contribué à étendre la région d’étude. Avec davantage d’échantillonnage, nous pourrons peut-être comprendre l’état actuel du lançon du Pacifique et d’autres poissons-proies, pour lesquels il y a peu d’information de base.

Il est aussi nécessaire d’élargir la surveillance à de nouvelles régions (les iles Gulf plus au sud, par exemple) pour fournir plus de données de base pouvant mener à des réglementations plus efficaces.

À propos du Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada)

Le WWF-Canada propose des solutions aux grands défis de conservation qui nous tiennent tou.te.s à cœur. Nous menons des projets dans des lieux uniques et de grande valeur environnementale, afin que la nature et les humains cohabitent en harmonie. wwf.ca/fr/.

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Laurence Cayer-Desrosiers, spécialiste des communications, WWF-Canada
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